A La Maison Verte

L’histoire du magasin « A La Maison Verte » commence en 1798, l’an VII de la République, date à laquelle le Sieur Louis François BELLANGER installe à Chartres, dans une rue proche de la place du Marché-Neuf, où s’élevait quatre ans auparavant l’église Saint-Saturnin, qui a été abattue par les révolutionnaires en 1793, un magasin de tissus et cotonnades.

Il baptise donc son magasin « A La Maison Verte« , sans se douter que quelque 185 ans plus tard, sa marque serait toujours présente à Chartres dans un immeuble de 3.000 m2  de la rue Marceau. La prospérité de Louis François BELLANGER sera principalement assurée grâce à la vente de ses rouenneries.

L’origine des « rouenneries » remonte au début du 18ème siècle, époque à laquelle un riche importateur, n’ayant pu vendre son stock de coton, alors utilisé pour la fabrication des mèches de chandelles, décida de faire filer et tisser cette fibre. Le succès fut immédiat.

La toile de coton ainsi obtenue fut appelée Rouen ou Rouan puis Rouannerie (1798) et Rouennerie après 1800. Le mot désignait des tissus de coton présentant souvent des petits dessins en rayures ou en quadrillages ou encore en relief.

L’essor de la filature de coton inaugura le développement industriel de Rouen et contribua largement à sa prospérité. Ces articles étaient bien connus dans la région, car au 19ème siècle les colporteurs  avaient largement contribué à leur diffusion.

Le magasin toujours prospère connaîtra sept propriétaires différents, dont les FICHET, CHENET et BOURCIER-LEFEBVRE. En 1892, la Maison Verte a près de cent ans d’existence et son propriétaire d’alors, M. ROFF, décide de suivre le modèle parisien du grand magasin, alors en plein développement. Il double la superficie de l’établissement, qui va aussi connaître avec MM. BRICQ et NOLLOT une remarquable extension.

Le magasin est alors composé d’un vaste rez-de-chaussée, de salons et galeries au premier étage, et 25 ouvrières sont spécialisées dans la confection de vêtements pour dames dans les ateliers de couture du 2ème étage. La concentration de nombreux articles de types différents (bonneterie, lingerie, mercerie) regroupés sous un même toit est alors une mini-révolution économique qui fait dire à un chroniqueur de l’époque que : « de telles entreprises sont une nécessité de nos temps modernes, une conséquence logique, inéluctable du progrès.« 

Au début du 20ème siècle, on vend des soieries, draperies, châles et cachemire à La Maison Verte, et même des uniformes pour les jeunes pensionnaires des environs de Chartres. Le complet en drap d’Elbeuf doublé en satin de chine est vendu 49 F, le pardessus en Taupeline 14,50 F, et les vendeuses distribuent gratuitement des images d’Épinal aux enfants qui accompagnent leurs parents pour leurs achats. L’ambiance du magasin est volontairement feutrée, les lumières indirectes, et si les visiteurs discutent dans les galeries c’est toujours à mi-voix.

Avec la guerre de 1914, l’établissement connaît quelques revers de fortune. En 1917, François GRAND qui s’occupait des « Galeries Rémoises », administrées par Armand TRICOT et Albert LORIN, est envoyé, face à l’avance de l’armée prussienne, à Chartres avec une partie du stock du magasin. De son côté Albert LORIN part, en position de repli, à Meaux pour y créer le « Bon Marché ». En association avec Armand TRICOT, en octobre 1917, François GRAND rachète donc La Maison Verte et y installe ainsi son stock.

La progression du magasin reprend, sous la dénomination Au Bon Marché « A La Maison Verte ». Dans les années 20, l’activité s’est étendue à la confection pour hommes et enfants et la marchandise proposée s’étend à tous les domaines de l’habillement et du blanc. Les fils ayant succédé aux pères, l’association GRAND-TRICOT se poursuivra, avec également des liens renforcés puisqu’un des petit-fils d’Armand TRICOT épousera une des filles de François GRAND.

Au 1er février 1983, Le magasin connaîtra un nouveau développement avec le rachat de la clientèle et du stock du « Printemps » installé place des Épars, avec l’objectif pour Jacques GRAND et Alain TRICOT, président de la nouvelle société « Printemps-Maison Verte« , de dynamiser l’entreprise. Dès septembre 1983, La Maison Verte ayant rejoint la SAPAC, Centrale d’achat du Printemps de Paris, proposera la vente des collections du Printemps qui quittera également la place des Épars.

Le personnel du Printemps sera intégré à celui de la Maison Verte, et l’enseigne rejoindra celles déjà exploitées par Jacques GRAND et Alain TRICOT, à savoir : « Mobilier de France » à La Madeleine, « BUT » à Chartres, Dreux et Châteaudun, et enfin « Tousalon » et « Mobis » à Chartres.

De nos jours, et suite au décès de Jacques GRAND, l’emplacement historique de La Maison Verte au 14-16-18 de la rue Marceau a été remplacé par une autre enseigne d’habillement et de tissu à bon marché, « Eurodif« .

Sources :

  • L’Écho républicain de Chartres
  • Généalogie famille Fournier / Lemoine
  • Cercle de recherches généalogiques du Perche-Gouët
  • Mairie de Vaulnaveys-le-Haut

One Response to A La Maison Verte

  1. mingueneau dit :

    Bonjour j’ai trouvé un bouton de chemise ou de manchette, à la maison verte, avec un trou au milieu et marqué Paris derrière et C et 8 ,quelqu’un pourrait-il me dire de quel vêtements provient-il ?

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